Appel à programmation 2016/2017

Inventons aujourd’hui ce que sera la Parole errante demain

Le Conseil Départemental, propriétaire des lieux, veut fermer la Parole errante à la fin du mois d’août. En réponse et pour dire notre détermination à continuer, nous commençons à poser les premiers jalons d’une programmation pour l’année 2016-2017.

Ceci est donc une invitation à penser avec nous la vie de la Parole errante demain et à proposer des projets, des initiatives, à partir de vos besoins et désirs, à partir de vos pratiques artistiques, sociales et politiques. À vous qui voulez répondre à cet appel, voici un inventaire provisoire des possibles pour la Parole errante demain. Une façon de déployer ou de continuer à déployer un imaginaire pour ce lieu dans lequel nous vous invitons à entrer.

La Parole errante demain, inventaire des possibles

Un lieu depuis lequel fabriquer du commun. Un lieu depuis lequel les liens se renforcent, les réseaux s’activent. Un lieu de confluence. Un lieu anti-spectaculaire, en tant que le spectacle sépare. Un lieu soucieux des processus, des chemins. Un lieu des travaux en cours. Un lieu d’une consistance perdue à reconquérir. Un lieu non prescriptif mais exigeant, où chacun·e est invité·e à questionner ses contradictions. Un lieu en devenir. Un lieu des pratiques culturelles mineures. Un lieu où la concurrence de tou·te·s contre tou·te·s fait place à la composition des mondes. Contre le non lieu de la mondialisation, un lieu de la mondialité. Un lieu de la rencontre. Un lieu des identités ouvertes. Un lieu, non, une arche, non, un radeau. Un lieu qui compose avec l’oiseau comme avec le fleuve. Un lieu qui ressent loin et proche à la fois. Un lieu pour vaincre la solitude. Un lieu du visible et de l’invisible. Pas un lieu, un processus vivant. Un lieu qui soigne, un lieu qui mugit, un lieu pour les sans-lieux, un lieu où tout être se voit reconnu dans son existence. Un lieu des solidarités concrètes. Un lieu qui a pour seule tutelle le monde. Un lieu libre. Un lieu parmi d’autres lieux, avec qui tisser des complicités. Un lieu où l’on apprend ce que l’on sait déjà. Un lieu d’émergence des savoirs. Mais aussi un lieu où l’on apprend l’art de la menuiserie, la relativité d’Einstein, la musique dodécaphonique, la théorie du pouvoir de Foucault. Un lieu où chaque nouvelle découverte scientifique est discutée âprement, chaque nouvelle expression artistique écoutée attentivement, chaque nouvelle théorie critique débattue passionnément. Un lieu du savoir, l’académie en moins. Un lieu où l’on écrit, parle, chante, joue, danse, imprime, fabrique, filme, regarde et écoute. Un lieu pour un peuple à venir. Un lieu à inventer. Un lieu auquel vous êtes invité·e·s, un lieu que vous devez défendre et faire vivre. Un lieu, opaque au pouvoir, transparent à la multitude. Non un lieu, une grève continue contre l’ordre économique mondial. Un lieu pour les peuples en résistance. Un lieu où manger. Manger c’est toujours manger un peu de monde, donc communier avec lui. De l’importance d’y mettre les formes. Un lieu pour ne rien faire. Un lieu pour qui n’a plus le temps. Un lieu qui prend le temps de voir loin. Un lieu qui n’attend plus.

Vous voulez participer à la Parole Errante Demain, proposer un débat, un festival, une création, une résidence, une permanence sociale, un concert, une université ouverte, une projection, une assemblée, un atelier pour l’année 2016-2017, venez nous rencontrer tous les lundis à 18h à la Parole Errante.

Nous avons jusqu’au 20 juin pour réaliser ce programme, que nous présenterons le 29 juin lors d’une soirée publique à la Parole Errante.

 

Publié le 20 mai 2016 dans Textes du collectif La Parole Errante Demain