Fabriquer le commun

Le texte suivant a été rédigé en 2016 en réponse à l’appel d’offre lancé par le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Il résume les envies et les orientations exprimées à ce moment-là par le collectif quand à l’avenir de la Parole Errante.

Sommaire

Préambule : esprit du lieu, es-tu là ?
Fabriquer le commun
Les Espaces
Les Protagonistes : des collectifs
Les Protagonistes : des personnes
Les Principes de fonctionnement
L’Architecture
Budget

« Non seulement les espèces disparaissent, mais les mots, les phrases, les gestes de la solidarité humaine aussi. »

1. Préambule

Esprit du lieu, es-tu là ?

Il y a désormais plus d’une année, face à la fermeture programmée de la Parole Errante, un collectif d’usagers, metteurs en scène, comédiens, libraires, écrivains, réalisatrices, musiciens, enseignantes, éducateurs, militantes, a pris l’initiative d’imaginer un devenir pour ce lieu.

La Parole Errante a été le fruit de la rencontre entre une ancienne usine et la tribu emmenée par Armand Gatti pendant près de 30 ans. Lors d’une exposition inaugurale, elle énonçait ainsi tous les possibles auxquels ce lieu devait répondre.

Le lieu comme colonne libertaire, comme bibliothèque, comme écriture, comme université du pauvre, le lieu repensé par les langues, le lieu
comme croisement entre science et poésie, comme archive, comme compagnonnage, le lieu du corps, le lieu comme espace de représentation, comme territoire libéré, le lieu selon Antonio Gramsci, le lieu comme traversée des langages, le lieu en construction, le lieu interpellé par l’image, le lieu comme observatoire des étoiles, le lieu pour sortir du lieu, le lieu comme inventaire des soulèvements, l’arbre comme langage possible d’univers, le lieu de la palabre, le lieu parmi d’autres lieux.

À faire la liste des initiatives sociales, culturelles, politiques qui ont trouvé existence dans cet espace depuis maintenant dix ans, on se dit que le dessein initial n’est pas loin de s’être accompli. Ce qui est sûr, c’est que quelque chose a pris corps qui constitue pour la ville, pour la métropole un poumon, une respiration. La Parole Errante ne s’est pas limitée à accueillir des spectateurs mais toute la richesse des initiatives et des questionnements que contiennent en germe les temps que nous habitons. Un bref coup d’œil à la liste des événements accueillis suffira à nous en convaincre.

C’est cette réalité foisonnante, née sous la tutelle de la Parole Errante, qui se cherche ici un devenir. Un devenir tendu entre l’histoire qui l’a vu naître et les exigences d’un présent incertain, pour ne pas dire plus de la crise politique, économique et écologique que nous vivons.

Que serait un lieu à la hauteur de ces temps ? Que pourrait devenir la Parole errante demain ?

« Ce qu’on appelle la culture reflète, mais aussi préfigure, dans une société donnée, les possibilités d’organisation de la vie.»

2. Fabriquer le commun

Dialoguer avec son histoire

Pour nous, les expériences menées par Armand Gatti en France et à l’étranger depuis plus de trente ans sont une source inépuisable de réflexion sur la culture et sa place dans la société. De cet héritage, nous voudrions mettre en avant quelques principes : ne jamais cesser de dialoguer avec son histoire, répondre aux exigences du présent, chercher en l’autre la vérité, refuser la séparation entre intellectuel et manuel.

Répondre aux exigences des temps présents

Ce lieu doit s’inscrire dans le monde tel qu’il est et tel qu’il va et répondre au besoin de le transformer. Il doit pouvoir recueillir une part de cette urgence. Urgence à voir et penser le présent. Urgence à trouver les voies de la rencontre et du partage avec d’autres. Nulle charte ici, ou programme à respecter, mais une exigence.

Habiter la ville

Il y a deux villes. L’une marquée par la précarité, la concurrence, l’individualisme, la peur de l’autre, l’endettement ou la privatisation de l’espace public. L’autre faite de luttes, de solidarités, d’une profusion d’initiatives culturelles, sociales, politiques mettant en acte d’autres valeurs. Le lieu s’inscrit et s’inscrira résolument dans cette seconde géographie. Il continuera de l’accueillir, de la faire résonner, de constituer pour elle un support.

Instituer le commun

Notre première réponse aux exigences des temps présents se situe dans le partage. On l’a déjà dit, on ne compte plus les initiatives culturelles, politiques, sociales qui ont bénéficié de ce lieu. Aucun espace en région parisienne ne pratique une telle ouverture où ni l’argent, ni la reconnaissance préalable ne constitue une barrière. Ici, se côtoient des créateurs confirmés, la première d’une compagnie naissante, un festival international, un festival de quartier, une assemblée générale et une fête communautaire. L’enjeu de ce projet est que ce lieu continue d’être en partage. Pour cela, il nous faut inventer des instances démocratiques et ouvertes à partir desquelles la participation de tous sera possible. Notre méthode sera processuelle, soucieuse d’inventer, d’expérimenter de nouvelles formes du commun.

Un centre d’expérimentation sociale et culturelle

Qui dit expérimentation dit interrogation et mise au travail des partages qui structurent l’activité culturelle.

Premier partage : entre des activités culturelles, sociales et politiques.

Le lieu ne se cantonne pas et ne se cantonnera pas à la seule sphère culturelle et artistique. Ceci concerne autant les usagers permanents du lieu que les usagers accueillis temporairement. Pour cela, nous défendons le maintien de la Classe Relais au sein des murs de la Parole Errante autant que l’accueil d’assemblées de lutte, de rencontres d’éducateurs, de psychiatres, etc. Il s’agit de croiser, de penser des synergies entre des activités culturelles, sociales et politiques.

Second partage : entre différentes pratiques artistiques.

Armand Gatti a toujours eu une approche décloisonnée du travail de création où l’écriture, le théâtre, le cinéma, la musique, les arts graphiques se mêlaient. Une telle approche se reflète encore aujourd’hui dans la diversité des pratiques qui structurent l’activité du lieu. Il s’agit de renforcer cette dimension pluridisciplinaire en invitant de nouvelles réalités à y prendre part. Il s’agit aussi de multiplier les occasions de croisement, de collaboration et de mutualisation.

Troisième partage : entre fabrication et diffusion.

Le lieu doit autant être un lieu de diffusion que de création. Il accueillera des musiciens en répétition, des compagnies de théâtre en résidence, des films et des créations sonores en cours de montage, mais aussi des concerts, des représentations, des projections. Faire, montrer et partager ne seront plus des moments séparés.

L’accueil, l’hospitalité, la convivialité

Il n’y a ni rencontre, ni échange, ni partage, ni commun possible, sans hospitalité, sans attention à l’autre. Il ne suf t pas d’ouvrir sa porte pour fabriquer un lieu ouvert, il faut aussi mettre un soin particulier à accueillir celle qui n’est jamais venue, celui qui ne connaît pas les codes. L’accueil n’est pas une chose donnée d’avance, mais toujours à construire et refaire. Il sera présent dans l’usage partagé de la grande salle. Il prime et primera au Café-Librairie Michèle Firk qui accueille quotidiennement du public à l’occasion d’un café, de l’achat d’un livre ou d’une discussion. On le retrouvera chez les acteurs de ce projet qui ont pour point commun d’avoir placé la rencontre au cœur de leurs activités, notamment avec la pratique de l’atelier. En n, il se développera dans un projet de cantine populaire qui ouvrira le lieu aux habitants les plus proches sur la base d’un repas partagé.

L’atelier

L’atelier, qu’il soit vidéo, radio, de théâtre, de musique, de sérigraphie, d’écriture, est la méthode commune à tous les protagonistes de ce projet. Son principe, placer le collectif au cœur de la création, c’est-à-dire la pluralité des sensibilités, des regards sur le monde, des genres, des préoccupations, des histoires, etc. L’atelier opère un double mouvement : du lieu vers le dehors, du dehors vers le lieu. Nous allons vers d’autres espaces, parfois des lycées et des collèges, des foyers, des maisons d’associations, des centres de formation et d’insertion, etc. En retour, ces différentes réalités viennent dans le lieu. Si nous sommes dans ces ateliers des passeurs de savoirs-faire, il s’agit encore une fois d’aller à la rencontre, parfois de la provoquer et par-dessus tout de « travailler avec ».

« Le nouveau, c’est l’actuel. L’actuel n’est pas ce que nous sommes, mais plutôt ce que nous devenons, ce que nous sommes en train de devenir, c’est-à-dire notre devenir-autre. »

3. Les Espaces

La Parole Errante est le titre d’un livre d’Armand Gatti qui a donné son nom au lieu. Imaginer l’avenir de ce lieu ne revient pas à arracher les pages déjà écrites. Imaginer le futur, c’est continuer à écrire, ajouter de nouvelles pages. C’est actualiser les possibles qui ont émergé ces dix dernières années. Au seuil d’écrire une nouvelle page de l’histoire de ce lieu, nous devons réinvestir sa matérialité.

Nous l’avons dit, la grande diversité d’événements et de publics qui se sont télescopés dans ce lieu pendant près de dix années en ont fait un espace de relais et de ressource pour les habitants de Montreuil et de la Seine-Saint-Denis. C’est cette dimension ouverte et collaborative de l’usage qu’il s’agit aujourd’hui de repenser au niveau le plus concret.

L’espace commun de la grande salle

La Grande Salle est le centre de notre projet. Elle est l’espace de l’échange, du croisement, de la rencontre, du partage, de l’activité visible et publique. Elle est l’espace du commun. C’est pourquoi, sa programmation, son financement et son fonctionnement feront l’objet d’une gestion collégiale regroupant des usagers permanents, réguliers et occasionnels.

Quatre grands types d’usages et temporalités doivent en effet se coordonner :

1. Les événements communs aux usagers du lieu
(films, concerts, représentations théâtrales, lectures publiques…). Il s’agit, d’une part, de la diffusion des objets fabriqués à l’intérieur du lieu, et, d’autre part, d’événements organisés en soutien au lieu lui-même et/ ou de moments qui rendent visible la programmation et la vie du lieu.

2. Les initiatives, les créations et les événements portés par des usagers réguliers
(festival Ta Parole, foire à l’autogestion, festival de la CNT, représentations de la Compagnie NAJE, rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis, festival « Elles résistent », Les pépinières d’artistes européens, etc.). Il s’agit ici des rendez-vous qui se sont imposés depuis des années comme réguliers et auxquels s’est habituée une grande partie du public. S’ajouteront à ces événements existants les rendez-vous à venir issus des nouvelles propositions de programmation et des usagers futurs du lieu.

3. Les événements proposés occasionnellement
Il s’agit ici des événements qui se décident sur un court terme et parfois même au dernier moment, parce qu’ils répondent à une actualité particulière, ou à des besoins urgents. Cela peut aller d’une compagnie de théâtre en manque de lieu, à un concert de soutien ou une fête de solidarité organisée par une association montreuilloise, etc. Très peu de lieux permettent une telle fluidité d’accueil, c’est un besoin décisif aujourd’hui.

4. La location
Dans le cadre d’événements « privés » (galas, rencontres et séminaires, événements liés à un lieu ou une association…), l’espace pourra être proposé à la location, selon des modalités adaptées à chaque cas et en accord avec l’esprit du lieu.

La cantine populaire

Dans l’idée de construire un lieu accueillant et convivial, nous voulons créer une cantine populaire. Elle accueillera tous les usagers, les permanents comme ceux d’un soir. Elle accueillera aussi ceux qui vivent et travaillent dans le quartier. Elle sera suffisamment grande pour recevoir des petits concerts, des débats et des assemblées. Dans ce sens, elle sera un complément essentiel au café Michèle Firk dans sa fonction d’accueil et d’ouverture.

Le café-librairie Michèle Firk

Il est ouvert du mercredi au samedi de 15h à 20h, mais aussi lors des soirées organisées par la librairie et lors des événements se déroulant dans la grande salle de la Parole errante pour assurer l’accueil. On y vend des livres et des boissons, mais on peut également s’asseoir, lire, discuter, et faire un premier pas dans l’ensemble du lieu et de ses activités.

Donnant sur la rue, le café-librairie fait en effet of ce, depuis sa création au printemps 2012, de porte d’entrée du lieu. Et il est, dans le même temps, un point de croisement et de rencontre pour tous ceux qui travaillent dans les autres espaces. Cette double ouverture sur

la ville et sur la vie interne du lieu a construit l’originalité de cet espace : à la fois librairie classique, lieu de création, centre documentaire ouvert, université populaire, bouquinerie, café convivial, salle de lecture ou de petits spectacles à l’occasion…

Dans l’année qui vient, le café-librairie souhaite développer l’espace café, et pense travailler en étroite collaboration avec la cantine populaire à venir.

Le Centre Social Autogéré

Pour accueillir et soutenir les démarches sociales, initiatives, réflexions des habitant-e-s du quartier et des usager-e-s, nous proposons la création d’un centre social autogéré. Il sera un lieu d’expérimentation et de recherche sur les pédagogies actives et l’éducation populaire, gratuit et ouvert à toutes et tous.

Ce projet d’éducation populaire sera animé, en dehors de leur temps de travail, par des personnes de formations diverses : travailleurs-euses sociaux-ales, étudiant-e-s en sciences de l’éducation et en sciences sociales, psychologues, enseignant-e-s d’université, formateur-trices en travail social, animateurs-trices, artisan-e-s, musicien-n-e-s…

Tout en s’articulant autour de l’ensemble des activités de la Parole errante, il permettra la rencontre des personnes à travers :

– un espace d’accueil et d’aide juridique comprenant une permanence d’écrivains publics, une permanence d’accès aux droits, une permanence dédiée aux personnes en souffrance psychique et à leurs proches, un point d’information sur le planning familial.

– un espace de créativité, de transmission et d’échange de savoirs comprenant du soutien scolaire (de la primaire à l’université), des cours d’alphabétisation, de l’initiation à l’informatique, une ludothèque et un atelier de jeux coopératifs, un atelier d’écriture, un atelier philo/contes pour enfants, une fanfare pour les plus petit-e-s, un atelier d’initiation à la musique, jam, impro, un atelier de création sonore (documentaires, reportages, ction, bruitage),un atelier de gravure sur vinyles.

Le centre de création et de ressources audiovisuelles

Cet espace est situé au deuxième étage du bâtiment qui est à l’entrée de la Parole errante, au-dessus du café-librairie Michèle Firk et de la Classe-Relais. Au fil des années, des projets et des rencontres, le lieu s’est structuré et ouvert avec le souci de mutualiser différents outils nécessaires à la réalisation filmique et sonore.

Il est et sera géré de façon collective par trois structures associatives : Précipité, Ozho Naayé et l’Amorce, qui sont respectivement deux collectifs de réalisation et une coopérative de diffusion.

Du point de vue matériel, le local se divise en trois espaces : une salle pour le montage des films, une salle pour le montage son, une salle de stockage pour le matériel audiovisuel.

Ce centre de création documentaire fonctionnera à l’avenir comme une structure de services, ouverte à l’usage et à l’entraide. Elle permettra aux structures présentes de mener à bien leurs projets de films ou de créations sonores. Elle accueillera toute une série de projets qui cherchent un espace d’échange, de collaboration et de travail. Il s’agira en n de proposer des ateliers de réalisation et de formation qui pourront se dérouler à l’intérieur ou à l’extérieur du local.

La salle de répétition (salle du haut)

Cet espace situé au premier étage de la Grande Salle sera dévolu à la création et aux répétitions. Il accueillera différentes pratiques artistiques (théâtre, danse, musique) dans des cadres différents (ateliers, résidences de création, tournages). Les collectifs de théâtre et de musique inscrits dans ce projet en assureront la vie et le fonctionnement, tant par leur pratique propre que par l’invitation et l’accueil d’autre compagnies et groupes de travail.

Les ateliers de menuiserie et de sérigraphie

Ces deux espaces ont été créés en septembre 2013 suite à des travaux financés par le Conseil Départemental.
Ils sont situés derrière la Grande Salle, au premier étage, à droite de l’espace qui sera occupé par la salle de répétition. L’atelier de menuiserie est un espace de fabrication utile au fonctionnement du lieu. Il servira autant aux usagers ponctuels du lieu qu’aux équipes permanentes. L’atelier de sérigraphie a accueilli ces dernières années les élèves de la Classe-relais et s’est déplacé dans des lycées, des maisons d’arrêt, des centres d’hébergement. Il continuera d’assurer cette fonction d’articulation du dedans et du dehors.

La classe-relais

Ce dispositif a été créé par l’Éducation nationale pour accueillir le temps d’une année scolaire des jeunes qui ont « décroché » du système. Appuyée sur deux enseignantes et un éducateur, l’idée est d’offrir sur la base du volontariat un espace d’accueil et un temps de réflexion. Les jeunes ne sont pas plus d’une dizaine et peuvent bénéficier de cours de remise à niveau. Au terme de l’année, l’idée est qu’ils puissent retourner dans le cycle scolaire ordinaire ou accéder à une formation. La présence de cette structure au sein d’un centre de création culturelle répond à plusieurs enjeux. Pour les jeunes, les familles et l’équipe éducative, c’est un peu de distance prise avec l’espace scolaire. C’est aussi un formidable appui pour le travail éducatif à travers les possibilités d’ateliers offertes par le lieu, qu’il s’agisse de la découverte de la musique, de la littérature, du théâtre, de la vidéo ou de la radio… Enfin, pour le lieu lui-même, c’est un grand courant d’air frais, une ouverture inespérée pour un travail culturel qui cherche à être en prise avec la société.

Pour cette année 2016, devant l’incertitude concernant l’avenir de la Parole Errante, l’académie a préféré réintégrer la Classe-relais au Collège Jean Jaurès. Pour autant, à la faveur d’une situation stabilisée, nous souhaiterions avec les personnes engagées dans ce dispositif, le retour de la classe-relais au sein de la Parole Errante.

« Question : Notre travail a-t-il commencé ? Et s’il a commencé, en quoi consiste-t-il ?
Réponse : Notre travail va commencer à l’instant et consiste à enregistrer le monde.»

4. Les Protagonistes : des collectifs

Un café-librairie, deux revues, un éditeur et un projet de centre national des arts de la parole, un orchestre, une fanfare et un festival de musique, quatre collectifs de cinéma et une coopérative de diffusion de films, cinq compagnies de théâtre et un collectif de metteurs en scène, un atelier de création et d’expression picturale, un centre social composé de travailleurs sociaux et de militants associatifs…

Les acteurs très divers qui se rassemblent dans le collectif « la Parole Errante Demain » ont pour point commun d’être des usagers du lieu et de ses différents espaces. C’est au nom d’une histoire et d’un ancrage partagés qu’ils portent collectivement ce projet de réinvention du lieu.

Cet ancrage est double. Ancrage dans le lieu d’abord, qui s’est fabriqué selon les rythmes propres à chaque activité qu’il s’agisse d’événements ponctuels, de résidences, d’activités de recherche, de réalisation ou de production, ou de l’accueil et l’échange quotidiens avec le public.

Cette présence déjà ancienne pour la majorité des protagonistes est aussi un ancrage dans la ville et le territoire, lui aussi multiple. Il passe bien sûr par la rencontre avec le public qui vient régulièrement à la Parole Errante. Il passe par les nombreux ateliers menés à l’extérieur du lieu, notamment dans les espaces scolaires de Montreuil et de l’ensemble de la Seine- Saint-Denis. Il passe en n par les liens entretenus avec le tissu associatif, culturel et social local : centres scolaires, encore une fois, mais également bibliothèques, centres de quartier, espaces d’accueil et de soin…

Si l’on ajoute à ce double ancrage, la complémentarité des activités développées par les protagonistes du projet, on approche un peu plus concrètement l’idée de « centre d’expérimentation culturelle et sociale » et de « fabrique du commun ». L’existence d’un tel lieu est une chose suffisamment rare aujourd’hui pour que les différents protagonistes aient choisi d’en faire le cœur même du projet, au-delà d’une unique ligne artistique ou esthétique. C’est pour la même raison qu’ils ont choisi de s’engager collectivement à titre de premiers « sociétaires » d’une future société coopérative d’intérêt collectif qui prendra en charge l’administration et la vie du lieu.

Autour du livre

Le café-librairie Michèle Firk

Depuis sa création en 2012, la librairie propose régulièrement des moments d’universités populaires, des temps de rencontres et de discussions qui déplacent les frontières entre auteurs et lecteurs, et favorisent la circulation des livres. L’équipe souhaite prolonger cet aspect de fabrique partagée des savoirs, et développer parallèlement des fonctions de lieu-ressource pour les métiers du livre et de l’édition indépendante à Montreuil et ailleurs. Il s’agira de développer des ateliers de formation aux métiers de l’édition, et de la librairie en général. Le café-librairie pourra ainsi offrir du soutien à de nombreux éditeurs indépendants du département, tout en rendant visible les enjeux actuels qui entourent les métiers du livre. Dans cette perspective, il faudra aménager un espace de bureaux, et des possibilités de stockage des livres.
http://www.michelefirk.org/

Les revues Z et Jef-Klak

Liées à l’histoire du café-librairie Michèle Firk, ces deux revues de critique sociale et littéraire y organisent régulièrement leurs comités de rédaction, de même qu’elles y présentent chacun de leurs numéros.

Créée en 2009, la Revue Z s’est installée à la Parole errante dès son premier numéro. Rassemblée autour d’un collectif éditorial d’une dizaine de personnes, elle développe un travail à mi-chemin entre le journalisme et l’enquête militante. Fondée sur un principe d’itinérance, chaque numéro s’écrit depuis une ville ou un territoire choisi en fonction de l’actualité politique et sociale : Marseille et Nantes pour questionner les enjeux de la restructuration urbaine et de la culture populaire, Thessalonique pour interroger la crise économique et sociale qui balaye l’Europe, Vénissieux et la banlieue lyonnaise pour faire le bilan des luttes sociales de l’immigration, etc.
http://www.zite.fr/

La Revue Jef Klak vient quant à elle de fêter son deuxième anniversaire et la sortie de son troisième numéro. Structurée autour d’une trentaine de collaborateurs réguliers, cette revue cherche à renouveler en profondeur le genre « revue » tant dans l’approche des sujets que dans la forme. Son premier numéro « Marabout » a été consacré aux relations entre croire et pouvoir, le second « Bout de Ficelle » a exploré l’industrie du textile et les cultures du vêtement, le troisième « Selle de cheval » aborde les rapports entre homme et animal.
http://jefklak.org/

Les éditions Libertalia

Les éditions Libertalia publient essentiellement des ouvrages de critique sociale (histoire, littérature, pédagogie) dans une perspective d’émancipation. Après bientôt dix ans d’existence, le catalogue comprend aujourd’hui 80 titres. Libertalia, structure associative, est composée de trois membres et diffusée par Harmonia Mundi. Son siège social se trouve au Centre International des Cultures Populaires (Paris 11e), mais deux de ses animateurs sont montreuillois depuis plus de dix ans. http://editionslibertalia.com/

Autour de la musique

L’orchestre Surnatural Orchestra

Surnatural Orchestra a été créé en 2001, quand une ving- taine de jeunes musiciens parisiens se réunirent autour d’un projet de fanfare mélangeant musiques populaires jazz et musiques improvisées. Depuis, sur la base d’un fonctionnement collectif, le groupe, s’est largement développé et se compose aujourd’hui de 18 musiciens, 4 techniciens, 1 administratrice, 1 diffuseur et 1 illustratrice. L’activité du groupe est centrée sur le projet musical (concerts de répertoire, ciné-concerts, créations, disques), mais aussi sur la transmission, ou l’organisation de concerts et de festivals. De nombreuses collaborations se sont développées avec des artistes de théâtre (Maxence Tual des Chiens de Navarre), de cirques (Les Colpor- teurs, Inextrémiste, CircaTsuica), des plasticiens (Lison de Ridder, Pierre Constantin, Vlad Cruells), des danseurs (Lorca Renoux, Anne Palomeres, Katia Petrowicz) autour de projets transdisciplinaires. En 15 ans d’existence, Surnatural Orchestra a fait près de 200 concerts, enregistré 4 disques, organisé 4 festivals au Studio de l’Ermitage, 2 au théâtre de l’Échangeur et 20 au bar Les Trois Frères.

À travers des relations déjà nouées avec la Mairie de Montreuil, La Maison Pop, le Nouveau théâtre de Montreuil ou le conservatoire de Montreuil, il engagera dès la saison 2015-2016 un travail sur le territoire, orienté tout particulièrement vers les quartiers du Haut Montreuil. Qu’il s’agisse de cours de musique, d’actions de sensibilisation, ou encore de l’aide apportée à la constitution d’orchestres amateurs, chacune des ces actions pourra susciter la présence de nouveaux usagers très divers. Surnatural Orchestra est un orchestre conventionné DRAC Île-de-France et bénéficie de l’aide à la permanence artistique et culturelle de la région Île-de-France.
http://www.surnaturalorchestra.com/

Le festival Ta Parole

La difficulté pour les jeunes et moins jeunes artistes à trouver des lieux pour se produire, se roder ou tout simplement se faire connaître et présenter son travail ne date pas d’hier, mais c’est cette réalité qui a suscité l’envie de créer ce festival. Aujourd’hui, les seules structures qui permettent à de jeunes artistes inconnus de se produire, sont les bars. Paradoxalement, on sait à quel point le contexte du bar est difficile et cruel. Le public ne vient pas forcément avec une soif de découverte, et les patrons de bar ne sont pas toujours sensibles à l’art. Quant aux professionnels, ils ne se déplacent jamais dans ce genre de lieux. L’équipe de programmation de Ta Parole a choisi de cueillir les artistes au moment de leur éclosion. Le festival leur propose de présenter leur travail dans des conditions professionnelles, avec du matériel adapté, une rémunération correcte, un public attentif et des professionnels présents. Une occasion aussi de rencontrer d’autres artistes plus établis dans leur carrière, mais ayant souvent suivi le même parcours. Ce moment privilégié provoque des rencontres artistiques, mêle les publics et permet d’attirer l’attention des professionnels. L’organisation de ce festival s’élabore dans un esprit familial et collectif, cela devient notre marque de fabrique que nous parvenons à recréer chaque fois que nous organisons un événement.
http://www.festivaltaparole.org/

La Fanfare invisible

Parce que nous vivons une ère d’inquiétude et de tristesse, où la conscience de la complexité du monde nous plonge dans l’impuissance, où le futur se révèle lourd de menaces, nous décidons de mettre en place les conditions d’une résistance joyeuse, capables d’épaissir le tissu social. Musiciens confirmés ou débutants, jeunes, vieux, ou entre les deux, animés par l’envie de participer à un projet commun de résistance, de luttes, de fêtes, et d’échanges, en solidarité musicale avec les mouvements sociaux, nous réveillons notre capacité à agir en participant à « la fanfare invisible ».

En état d’alarme citoyenne, adeptes de la non-violence comme stratégie d’action, nous effectuons des attentats musicaux, un terrorisme de la clef de sol, de la délinquance acoustique et nous nous mettons à disposition du mouvement social et des associations de lutte. La « fanfare invisible » c’est un répertoire de morceaux issus du patrimoine et des luttes (accessible sur le site), autant qu’un soutien à l’apprentissage de ce répertoire, voire à la découverte de l’instrument, par un accompagnement solidaire de musiciens confirmés lors des répétitions hebdomadaires. Il existe plusieurs sections locales et régionales, adeptes des valeurs et principes du présent manifeste.
http://lafanfareinvisible.fr/

Autour du théâtre

Le centre de recherche et d’expérimentation théâtral autour de l’œuvre d’Armand Gatti

Sous l’impulsion de Stéphane Gatti, vidéaste et scénographe, le collectif des metteurs en scène d’Armand Gatti est né à la Maison de l’arbre, lors de sa réouverture officielle en 2008. Mohamed Melhaa, Eric Salama, Jean-Marc Luneau et Matthieu Aubert travaillent depuis une vingtaine d’années avec Armand Gatti, comme assistants à la mise en scène. Outre ce compagnonnage artistique commun, chacun d’eux – avec son univers, sa démarche, ses possibilités – réinvente les pièces d’Armand Gatti. Ils réalisent ce travail dans des théâtres mais aussi au sein d’ateliers à l’université, à l’hôpital psychiatrique, dans les quartiers. Ils sont implantés en Île-de-France, en Languedoc-Roussillon, en Alsace, et en Suisse. Leurs pièces ont, en grande partie, été présentées à la Parole Errante. Parmi les travaux les plus récents, on peut citer : Le Quetzal, mis en scène par Eric Salama en juin 2010 à La Parole errante ; Ces Empereurs aux ombrelles trouées, mis en scène par Matthieu Aubert en janvier 2014 à la Parole errante ; Le Poème de Berlin ou Les personnages de théâtre meurent dans la rue, mis en scène par Jean-Marc Luneau en collaboration avec le groupe Topo en janvier 2014, à la Parole errante ; Résistance selon les mots, lorsque les mots se disent tapis volants des cinq derviches quantiques, mis en scène par Mohamed Melhaa et Matthieu Aubert en juillet 2014 à l’ENSATT (Lyon).

Les groupes Topo, Théâtre(s) Politique(s) et la compagnie des Grands Mâtins

De la rencontre avec la Parole Errante et l’œuvre d’Armand Gatti, ont émergé ces dernières années plusieurs groupes de travail développant une activité théâtrale régulière dans le lieu : le collectif Topo, le groupe de recherche Théâtre(s) Politique(s) et la compagnie des Grands Mâtins.

Du point de vue de la création théâtrale, en lien avec les traditions de Barba, Grotowski ou encore Decroux, un fort accent est placé sur le travail corporel. Une deuxième dimension, liée au théâtre de Gatti, concerne l’attention aux dimensions croisées de l’histoire, de la mémoire et de l’actualité. En fin, la dimension collective est placée au cœur de cette recherche critique où l’exigence professionnelle n’exclut pas l’initiative amateure et où l’écriture poétique et dramatique côtoie la matière documentaire.

Ces exigences concernant l’écriture et la mise en scène se concrétisent dans une pratique commune de l’atelier (exercices d’écriture individuelle ou collective, travail corporel, mise en scène, training…)

Parmi les créations ou événements récents, on peut citer : Essai, une mise en scène de Gaspard de Peter Handke, par le groupe Topo en 2012 ; une journée consacrée aux représentations de la Commune de Paris, organisée par le groupe de recherche universitaire Théâtre(s) Politique(s) à l’occasion du lancement de sa revue en 2013 ;

En l’Espèce, pièce sur les conditions de travail en prison, écrite et mise en scène par la compagnie des Grands Mâtins à la Parole Errante en 2014.

La compagnie NAJE (Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir)

NAJE intervient dans les champs de la culture, du social, du politique, de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’environnement, de la justice, de l’habitat, de la citoyenneté, du développement social. NAJE est une compagnie théâtrale professionnelle pour la transformation sociale et politique. Elle pratique le Théâtre de l’Opprimé méthode d’Augusto Boal (théâtre forum, théâtre images, théâtre et thérapie, théâtre invi- sible, théâtre journal).

NAJE intervient, seule ou avec des partenaires, auprès de groupes d’habitants, d’usagers, d’agents et parfois d’élus… pour traiter de questions sociales et politiques. Ces ateliers débouchent souvent sur des spectacles, ils peuvent aussi préparer des actions ou des décisions.

Une trentaine de spectacles professionnels de théâtre-forum sont disponibles au répertoire. Nous en créons de nouveaux, si nécessaire, pour traiter d’une nouvelle thématique ou s’ajuster étroitement à une problématique locale.
http://www.compagnie-naje.fr/

Le Teatro del Silencio

Le Teatro del Silencio est une compagnie franco-chilienne de théâtre de rue, créée et dirigée par Mauricio Celedon. Les recherches et les créations de la Compagnie s’inscrivent dans l’espace public, dans une démarche artistique pluridisciplinaire qui puise ses sources dans celles de l’art du mime corporel et interroge les rapports entre le théâtre du geste et de l’émotion, les nouvelles formes du cirque, la danse et la musique. Réunissant plus de 30 acteurs, danseurs, acrobates, musiciens et constructeurs, et avec plus de 20 créations à son actif, le Teatro del Silencio voyage avec ses spectacles à travers les continents, sans barrières ni frontières.

Le Teatro del Silencio a trouvé ces dernières années à la Parole Errante, un lieu d’expérimentation sans limite. Un lieu hors du temps, qui fait écho à ses recherches sur l’art, l’histoire et la société. La compagnie souhaite y poursuivre son travail et impulser de nouvelles dynamiques en lien avec les autres acteurs de la Parole errante et du territoire autour du théâtre gestuel, des arts de la rue et du cirque : stages et recherches participatives ouvertes à tous, ateliers, temps forts « dedans-dehors » d’ouverture au public.

Le Teatro del Silencio est conventionné par la DRAC Île- de-France, et reçoit le soutien de la Région Île-de-France pour un emploi tremplin.
http://www.teatrodelsilencio.net/

L’Écharpe de Colombine

L’écharpe de Colombine est une troupe d’acteurs engagée dans une pratique théâtrale populaire, où la création artistique se rencontre avec l’expérience politique. Elle s’inscrit dans un front théâtral qui partage ses idées.

Pendant vingt ans, La Parole Errante a incarné et symbolisé les propos qui nous animent. Ces lieux ont été un véritable espace de liberté, ouvert aux instances les plus diverses et toutes porteuses d’un message social enrichissant.

Aujourd’hui, nous soutenons le projet de La Parole Demain, qui veut prendre le relais de La Parole Errante dans l’esprit qui a caractérisé celle-ci, et allons contribuer à la réalisation de ce nouveau projet avec notre participation à la programmation.
http://lecharpedecolombine.free.fr/

Autour de l’image et du son

Le collectif Précipité

Le collectif Précipité s’est installé dans les locaux de la Parole errante au début des années 2000. Composé de techniciens de l’audiovisuel et de réalisateurs, il a participé à de nombreux projets menés par l’équipe de la Parole errante : expositions, films, ateliers d’écriture et de réalisation dans des lycées de Montreuil et de Seine- Saint-Denis. Parallèlement, il développe depuis plus d’une dizaine d’années une recherche axée sur la rencontre de l’écriture documentaire et de processus collectifs de parole et de réflexion. Empruntant aux multiples registres de l’enquête documentaire, une telle recherche privilégie une démarche d’ateliers et d’immersion longue au terme desquelles l’objet ou les objets fabriqués (qu’il s’agisse de films, d’émissions de radio, de livres ou de journaux…) sont choisis selon les nécessités du lieu et de la rencontre. Le collectif Précipité a notamment réalisé et produit Magume, un film d’atelier sur la guerre civile au Burundi (sélectionné au Festival International du Documentaire de Marseille), Appunti, un film sur l’histoire politique de l’Italie des années 70 à nos jours (qui a reçu l’aide au Développement du CNC), Manuel pour les Habitants des villes, trois documentaires sonores et trois livres issus d’une enquête dans des centres d’hébergement Emmaüs.

Ozho Naayé Ozho

Ozho Naayé Ozho est une association attachée aux questions de territoire, de mouvements de population, d’exil et d’identité. Ses projets mélangent les supports (Super 8, HD, photographies, musique) et les pratiques (films expérimentaux, documentaires, expositions, spectacles vivants). Elle en assure la création et la production. Elle mène depuis 2008 des ateliers théâtre et cinéma (à Reims, Vitry-le-François, Paris, La Courneuve, Bar-le-Duc, mais aussi en Grèce, en Palestine et en Turquie). Créée en 2006, l’association Ozho Naayé Ozho a notamment réalisé les films La Machine d’enregistrement (réalisé en Palestine dans le camps de réfugiés de Deisheh, sélectionné au Festival des cinémas différents et expérimentaux de Paris et à Corsica Docs), Et nous jetterons la mer derrière vous (réalisé en Turquie et en Grèce à propos de trajets
de migrants vers l’Europe, sélectionné aux festivals internationaux Cinéma du Réel à Paris, If Istanbul en Turquie, Étonnants Voyageurs à Saint-Malo, Migrant Film Festival à Ljubljana).
https://ozhonaaye.wordpress.com/

L’Amorce

L’Amorce est une coopérative d’édition et de diffusion créée début 2012. Elle a édité plus de douze lms en DVD, et un catalogue sur son site qui regroupe davantage d’objets. Elle travaille en collaboration avec plus d’une quinzaine de lieux en France et à l’étranger (des librairies comme à Toulouse, à Nantes, des bibliothèques à Grenoble, Angers, Paris, des salles de projection à Lille, Marseille, La Courneuve, etc.). Cet outil répond à des besoins matériels, existentiels et politiques. On y met en commun des films et des créations sonores. On déplace la question du « public » ou du « spectateur » pour ouvrir un espace de parole sur les films et ce qu’on peut en faire. Si la diffusion ne se réduit pas à une affaire de circulation, elle engage une pratique renouvelée de l’hospitalité et de l’accueil : quels rapports instituer aujourd’hui entre des lieux, des objets et des personnes pour aller au-delà de « l’économie culturelle » ?
http://lamorce.org/

L’association Tant qu’il y aura de la pellicule, ou encore ciné-pélloche ou ciné-mioches

L’association, habitée par la certitude que rien ne pourra remplacer une séance de cinéma, se propose de préserver ce qui reste possible en ce domaine grâce aux archives de la FOL qu’elle récupère.

Elle a pour objet :

– De sauvegarder, restaurer, conserver, entretenir tout ce qui concerne la projection cinématographique faisant usage de la pellicule.
– D’organiser ou de participer à des projections cinématographiques et des débats.
– De transmettre les savoirs de la projection cinématographique, de l’entretien, de la conservation de la pellicule, des projecteurs, tout ce qui permet que l’on sache encore demain se servir de la pellicule et des appareils cinématographiques.

Des groupes membres de l’association proposent ainsi des programmations en 16mm, dans différentes régions de France, selon les besoins et attentes du public, mais aussi des lms disponibles archivés qui permettent de remonter le temps « quelques instants » et de débattre en partageant nos visions des histoires dans l’Histoire.

Le collectif Synaps audiovisuel pour un cinéma voyageur

Synaps imagine et tente de proposer de manière collective un nouveau rapport au cinéma et à l’audiovisuel. L’association expérimente d’autres voies de création et de diffusion, en réformant le lien entre ceux qui font les films et ceux qui les voient, en favorisant le partage de savoirs, en ayant des pratiques pédagogiques émancipatrices. Ce collectif propose un soutien à une « production alternative » en favorisant les liens entre différents corps de métiers de l’audiovisuel, en mettant à disposition de ses membres du matériel, en prenant le temps d’échanger sur les films en cours de réalisation et en partageant des idées. Il intervient aussi au bout du processus en favorisant la diffusion des lms produits, notamment par le biais du cinéma voyageur. Pour répondre à un besoin d’autonomie face à l’omniprésence de l’image et du son dans le quotidien et avec l’envie de faire des expérimentations collectives de création, ce collectif met aussi en place des projets de formation à l’audiovisuel sous différentes formes.
http://synaps-audiovisuel.fr/

Autour de la poésie

La Maison de la parole

C’est le nom d’un projet de centre national de création, diffusion et recherche sur les arts de la parole. Né d’une réflexion sur le futur de la Parole Errante, il vise à ressaisir et renforcer ce qui est à l’origine du lieu : une tentative pour décliner toutes les dimensions créatrices et émancipatrices de la parole, de la poésie jusqu’aux langages du quotidien.

Si la parole est au fondement de la relation à l’autre et du lien social, elle n’a en effet rien d’uniforme : elle peut être écrite, dite, chantée, mise en scène, rapportée, recueillie ou encore montrée. C’est cette pluralité que ce projet mettra en œuvre en intégrant à chaque fois plusieurs rythmes, objets et formes. Voici les thèmes prévus : Parole et poésie (Lectures de poésie. Rencontres avec des poètes. Poésie chantée. Formation avec professionnels : lecteurs, ateliers d’écriture) ; Parole et littérature (Rencontres et lectures avec des écrivains de tous types, Ateliers d’écriture) ; Parole et chanson (Concerts de chanson à texte, française et internationale, slam) ; Parole et critique sociale (Rencontres avec des chercheurs et des auteurs apportant une parole sur le monde ou recueillant des paroles, mais aussi analysant la parole publique et les distinctions sociales créées ou entretenues par les usages inégalitaires de la parole) ; Parole d’avenir (événements autour de la science- ction comme expression de futurs possibles).

La « Maison de la parole » vise une résonance locale, régionale et nationale, pouvant concerner, à travers des événements aussi bien que des formations, les scolaires, les professionnels, comme le public. Il s’agit de faire de cette pratique démultipliée de la parole un moyen de découverte et de rencontre avec le public, un lien de transmission depuis les professionnels vers les « étudiants » citoyens ou en formation, de même qu’un outil pédagogique culturel et social d’ouverture au monde et « d’intégration ». Dans cette optique, nous solliciterons des acteurs diversifiés : des écoles et des associations d’éducation populaire pour des cours et des formations par cycle, mais également des troupes de théâtre, des auteurs, des diseurs des musiciens et des maisons d’édition pour des événements ponctuels (dont la journée du 12 mars 2016 intitulée « La Parole insurgée » a donné un bon exemple).

Autour de la peinture

L’Atelier du non-faire

L’Atelier du Non Faire est un atelier libre d’expression fondé en 1983 par Christian Sabas (infirmier psychiatrique, peintre, musicien et auteur…) dans le Pavillon 53 de l’hôpital psychiatrique de Maison-Blanche à Neuilly-sur-Marne. C’est un atelier ouvert où l’on peut peindre, faire de la musique, parler ou se taire, et aussi ne rien faire…

Depuis 2005, l’Atelier du Non Faire a été implanté dans plusieurs sites de la Région Île-de-France tout en continuant de garder sa source au Pavillon 53. C’est une association qui organise des événements artistiques et des rencontres : Café-philo tous les lundis matin à Paris depuis 30 ans, expositions (plusieurs par an à Paris, en France métropolitaine, Guadeloupe et Europe…), concerts (groupes Démence Précoce, Potentiel…), performances, et aussi organisation d’un Symposium chaque année : Le 16e Symposium a eu lieu à Paris les 15 et 16 mars 2014 et a accueilli plus de 200 personnes. C’est un état d’esprit qui rassemble, dynamise et permet des échanges propices à la créativité, source de mouvement, de vitalité et d’épanouissement.

5. Les Protagonistes : des personnes

Quelques figures du collectif la Parole Errante Demain

Julia Chierichetti

34 ans, née à Varsovie (Pologne), habitante de Montreuil depuis 2013. Anthropologue, j’ai réalisé des enquêtes parmi les demandeurs d’asile ainsi que les travailleurs migrants saisonniers en Pologne en lien avec la Confédération Paysanne. J’ai ensuite travaillé pendant quelques années dans la diffusion et la production théâtrale, et participé à l’organisation de nombreux festivals d’arts multidisciplinaires, à Paris et en Pologne. Jusqu’à février 2016, j’ai été coordinatrice de Canal Marches, association d’éducation populaire engagée dans des productions cinématographiques militantes et la mise en place d’ateliers audiovisuels, à Paris (Belleville), et en banlieue parisienne. Je fais partie de la Parole Errante Demain ainsi que du collectif qui depuis presque deux ans organise les Ateliers Désaxés, discussions mensuelles ouvertes autour du soin et de la psychiatrie, au sein de la Librairie Michèle Firk. Nous travaillons actuellement à la mise en place d’un Centre Social Autogéré, qui proposera de façon régulière à partir d’octobre des ateliers de création collective, des permanences juridiques et du soutien scolaire ouverts à tous et toutes au sein. Je travaille par ailleurs à un projet de film documentaire depuis cinq ans en tant que réalisatrice.

Pierre-Vincent Cresceri

Réalisateur et technicien son. Né en 1974. Réside à Montreuil. Après des études de sociologie et de philosophie, intègre l’équipe de la Parole Errante au début des années 2000. Il y participe à de nombreux projets d’exposition, de films, mais aussi d’ateliers de création dans les collèges et lycées de Seine-St-Denis. Parallèlement, dans le cadre du collectif Précipité,
il réalise des enquêtes documentaires (livres, films, documents sonores) sur les thèmes de la migration et de la précarité.

Fanny Enjalbert

Née en 1986, elle habite Paris 20e, et travaille à Montreuil en tant qu’administratrice du Teatro del Silenco. A l’Institut d’Études Politiques de Grenoble, elle étudie les politiques et l’économie sociales, et se spécialise sur les politiques culturelles au sein du master de «Direction de projets culturels.» Depuis 2010, elle travaille auprès de différentes compagnies des arts de la rue, de théâtre et de danse, auprès desquelles elle assure la gestion administrative, la production des spectacles et des tournées, la coordination des actions culturelles, et l’implantation territoriale. Elle accompagne depuis 3 ans le Teatro del Silencio, dirigé par Mauricio Celedon, pour ses créations de spectacles de rue pluridisciplinaires de grande échelle (20-25 personnes) et participatifs, pour ses projets de coopération notamment avec le Chili et l’Algérie, et le développement de projets en Ile-de-France.

Frédéric Evrard

Né en 1974. Régisseur général des cinq dernières éditions du festival Ta Parole à la Parole Errante, régisseur général de la scène Off du Reggae Sun Ska Festival à Bordeaux (Édition 2013), responsable de la régie nuit et régie d’accueil, coordination des équipes sécurités et techniques, à la salle de spectacle La Bellevilloise, Paris 20eme, d’octobre 2010 à juillet 2014. Depuis janvier 2013, régisseur de la compagnie Un Pas de Coté, pour les spectacles Elf la pompe Afrique, Un avenir radieux une fission française, Le maniement des larmes, Victoire la fille du soldat inconnu et Victoire une vraie femme.

Christine Nissim

Habite Bagnolet limite Montreuil. Née en 1954. Administratrice de Surnatural Orchestra (ensemble convention DRAC et Région Ile de France -PAC) depuis 2012. Comédienne de 1979 à 2011. Chargée de production de différents groupes de musique et de cies de théâtre de 1989 à 2012. Militante à la Coordination des Intermittents et Précaires Ile de France. Membre fondateur du Collectif Les Matermittentes.

Arnold Bugnet

Né en 1980 à Genève et vit et travaille à Paris depuis 2001. Après des études d’Arts Plastiques et d’Esthétique, il se consacre principalement à la vidéo, seul et en collectif, mais pas que. Tour à tour photographe, coordinateur de production dans l’audiovisuel ou auteur, suivant les projets, il est aussi membre actif des associations L’Atelier du Non Faire et L’Index, pour lesquelles il assure le développement et la programmation artistique. Il travaille également dans le cadre du Groupe d’Entraide Mutuelle de Montreuil, où il accompagne un public en grande précarité dans des ateliers pluridisciplinaires.

Roxane Joseph

De 2012 à aujourd’hui, directrice du Centre de la Chanson à Paris. De 2002 à aujourd’hui, directrice du Festival Ta Parole à Montreuil, festival de chanson annuel dédié aux artistes émergents. De 2009 à aujourd’hui directrice de La Menuiserie à Pantin, cabaret chanson. De 2009 à 2012, responsable de la programmation de La Bellevilloise à Paris, lieu de culture et de spectacle pluridisciplinaire.

May Sanchez

Née en 1958. Habite Villejuif. Metteuse en scène de la troupe L’écharpe de Colombine à Paris depuis 2014 ; metteuse en scène de la troupe Theatrum à Luxembourg et animatrice de stages et ateliers de théâtre au Cercle Culturel des Institutions Européennes depuis 1998 ; membre fondateur du groupe Médée (étude des textes dramatiques grecs) à Paris et metteuse en scène et for- matrice de théâtre auprès du Gruppo Abele à Milan de 1990 à 1998 ; metteuse en scène et comédienne dans la troupe La Velada à Barcelone de 1987 à 1990 ; assistante à la mise en scène d’Emmet Feigenberg à Copenhague de 1984 à 1986.

Sébastien Turner

Né en 1986 aux Lilas. Habite Montreuil. Il est comédien et mime de formation. Il travaille depuis six ans avec la compagnie Kadra et le Groupe Topo à la Parole Errante. Il participe à de nombreuses expériences menées par Armand Gatti et son équipe. Il est parfois amené à faire du travail de régie et d’accueil dans le lieu.

Myriem Auger

Née en 1984. Elle a exercé le métier d’éducatrice spécialisée, durant quatre ans, dans deux Maisons d’Enfants à Caractère Social à Paris et en Seine- Saint-Denis. Suite à cette expérience et à des études de Sociologie à l’université Paris 8, elle a enseigné cette discipline, pendant cinq ans, dans différentes universités (Paris 3, Paris 8, Paris 13) et dans plusieurs écoles de travail social (à l’IRTS de Neuilly-sur-Marne, de Montrouge et à l’EFPP). Elle est actuellement en thèse de doctorat à l’université Paris 8 et au laboratoire CRESPPA du CNRS. Ses thèmes de recherche, en lien avec certaines activités qui seront développées dans le cadre de la Parole Errante Demain, portent sur l’éducation, l’accompagnement social et la pédagogie.

Jean-Marc Luneau

Né en 1956. Depuis plus de 15 ans, je travaille aux côtés d’Armand Gatti dont j’ai mis en scène de nombreux textes : « La Machine excavatrice pour entrer dans le plan de défrichement de la colonne d’invasion Che Guevara », « Ne pas perdre de temps sur un titre. Que mettez-vous à la place ? Une rose blanche », « Les sept possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz », « Le Poème de Berlin ou Les personnages de théâtre meurent dans la rue », « La Nueve, ces Républicains espagnols qui ont libéré Paris », « Le Cheval qui se suicide par le feu ». J’ai cofondé la compagnie « Grand Théâtre » et mis en scène de nombreux spectacles en son sein : « Les comtes de l’impasse Rosette » 1 et 2 destinés aux enfants, « Les aventures de Barnabé Courtevue », une adaptation de « Candide » de Voltaire, « Mo » de Louis Calaferte, une mise en lecture de « Ouroboros » de Louis Calaferte. Je dirige aujourd’hui pour l’association Jean Cotxet, qui reçoit des enfants et des jeunes en difficulté, une troupe de théâtre avec laquelle j’ai mis en scène une adaptation d’Oliver Twist. Je viens aussi de mettre en scène « Histoire de Marie » de Brassaï joué par Hélène Huret. En parallèle de ces activités, je suis enseignant de l’éducation nationale au sein de laquelle j’ai développé des activités de lecture pour enfants ayant échoué à l’apprentissage premier de la lecture.

Romain André

Chômeur et réalisateur. Je suis un usager de la Parole errante depuis de nombreuses années et je participe activement depuis trois ans à la librairie Michèle Firk en tant que bénévole. J’ai aussi participé à l’organisation de nombreux évènements qui s’y sont tenus, notamment des projections de films et des événements autour de la revue Jef Klak – qui est aussi un collectif fondateur – et dont je suis membre du comité de rédaction. J’habite à dix minutes à pied de la Parole Errante et je peux affirmer qu’elle joue un rôle central dans ma vie. Il ne passe pas une semaine sans que j’assiste à une discussion, une assemblée, un spectacle qui s’y tient. Ce lieu me constitue.

Charlotte Dugrand

35 ans. Vit à Montreuil depuis plus de dix ans. Correctrice et animatrice des éditions Libertalia. Même si les éditions Libertalia ont leur siège social au CICP dans le 11e arrondissement de Paris (boîte postale), c’est à Montreuil que Libertalia a ses bureaux, dans la Maison de l’arbre. La maison d’édition organise plusieurs fois par an à Montreuil des rencontres avec des auteurs, des fêtes des sorties de livres, mais aussi des projections de films, parfois des concerts. Charlotte Dugrand, Nicolas Norrito et Bruno Bartkowiak ont créé les éditons Libertalia il y a un peu moins de dix ans : le catalogue compte aujourd’hui plus de 80 titres. Parallèlement, Charlotte est correctrice pour le département Littérature française des éditons Flammarion.

Frédéric Siméon

Il est journaliste depuis une vingtaine d’années (rédacteur en culture et société). Fils de Jean-Pierre Siméon, président du Printemps des Poètes, il organise de nombreux événements autour de la poésie. Dernier en date, la journée « La Parole insurgée » en mars 2016 à la Parole errante. Par ailleurs, il participe régulièrement aux éditions Libertalia.

« N’ayez pas peur, la baraque tiendra. Si le cas échéant, quelqu’un croit manquer de fil noir ou blanc, qu’il le demande aux autres. Nous sommes tous là pour ça. »

6. Les Principes de fonctionnement

Le choix de la SCIC, une coopérative d’usagers

Le choix de la formation d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) pour reprendre la gestion de la Parole Errante après le départ de l’équipe actuelle est évoqué depuis les origines du collectif de « La Parole Errante Demain ».

Pourquoi ? Cette forme de coopérative semble aujourd’hui être le statut juridique se rapprochant le plus des idéaux et du fonctionnement voulu par les membres de ce collectif. Plus que la forme associative ou la SCOP, il permet de prendre en compte la réunion d’acteurs divers autour d’un intérêt commun, ici, celui de poursuivre et réinventer la Parole errante, de « faire lieu » collectivement, de « fabriquer du commun ».

Toute personne, physique ou morale, souhaitant s’impliquer dans les grandes décisions concernant le fonctionnement de ce lieu pourra en devenir sociétaire : usagers des différents espaces (compagnies, festivals, collectifs, librairie, etc.), membre actif donnant de son temps pour le développement d’activités, salariés, public impliqué, partenaires, soutiens, etc. Le sociétariat n’accorde pas un droit d’usage du lieu, l’équilibre de la programmation et les modalités de participation aux charges du lieu, seront fixés collectivement par cette même assemblée de sociétaires. Ce n’est pas non plus une condition obligatoire à la participation à la vie du lieu et à son usage. Mais c’est un choix de « gérance » qui correspond aux valeurs de ce collectif, où chacun peut décider de prendre sa part.

La construction de cette coopérative, comme le projet du collectif, est en évolution constante, et est ouvert à de nouveaux sociétaires, jusqu’à sa création effective en décembre 2016.

Au jour d’aujourd’hui, 46 sociétaires se sont engagés à prendre des parts dans la future coopérative, formant un capital social de départ de 11 170 euros. Beaucoup d’autres suivront, à la création effective de la coopérative.

La SCIC en pratique

La part sociale de la SCIC est fixée à 20 euros. Une personne physique, pourra être sociétaire à partir d’une part sociale investie. Une personne morale, pourra entrer dans la coopérative à partir de 3 parts sociales investies. L’idée étant toutefois que chaque personne ou collectif s’engage à la hauteur de ses possibilités. L’objectif est de former un capital de départ suffisant pour permettre la création d’un fond de roulement nécessaire au lancement de l’activité et la prise en charge de premiers travaux pour le lieu.

Chaque année, lors de l’assemblée annuelle sera proposé aux sociétaires d’augmenter leur capital d’une part sociale (se rapprochant du principe de la « cotisation annuelle » de l’association).

Quel que soit le nombre de parts sociales de départ investies, le principe de « 1 personne = 1 voix » est appliqué, mais les voix peuvent être pondérées par la formation de collèges de vote.

Pour rendre compte de la diversité des acteurs déjà impliqués, et pouvant être impliqués à l’avenir dans la SCIC, 7 catégories de sociétaires ont été identifiées :

Catégories des collectifs fondateurs ou structurants
Personnes morales, qui sont à l’origine du projet de la « Parole Errante Demain », ou qui par leur implication dans le lieu, sont invités par les membres fondateurs à rejoindre cette catégorie.

Catégorie des salariés
Toute personne étant liée par un contrat de travail de manière indéterminée ou régulière avec la coopérative.

Catégorie des bénéficiaires / usagers
Personnes physiques ou morales, utilisant de manière permanente ou régulière des espaces de la Parole Errante pour y développer des projets et/ou y organiser des événements, dans l’esprit du lieu et selon les règles fixées pour cet usage.

Catégorie des volontaires actifs
Personnes participant activement et de manière bénévole à la vie du lieu, notamment pour l’accueil, les soirées de soutien, l’entretien du lieu, ou intervenant dans le Centre Social Autogéré.

Catégorie des bénéficiaires / public
Personnes fréquentant régulièrement la Parole Errante en tant que public, et souhaitant participer aux grandes orientations du lieu.

Catégorie des membres invités
personnes physiques ou morales, moins directement impliquées dans l’activité du lieu mais qui, par affinité artistique et politique avec le projet, souhaitent soutenir financièrement et moralement la SCIC et participer aux grandes orientations du lieu.

Catégorie des partenaires publics et privés
Personnes physiques liant dans le cadre de son activité propre des partenariats avec la coopérative (établissements partenaires, collectivités partenaires, fournisseurs solidaires, etc.)

L’assemblée générale constituante de la SCIC décidera d’une pondération des votes par collège (formé d’une ou plusieurs catégories) qui permettra de trouver un juste équilibre entre les coopérateurs en fonction de leur implication.

Elle décidera de la première équipe de co-gérants parmi les sociétaires, qui prendront leur fonction pour 1 an.

Autogestion et salariat au sein de la SCIC

Le fonctionnement de la coopérative répondra aux principes de l’Autogestion.

Les coopérateurs, de quelle catégorie que ce soit, et toute personne souhaitant participer à la vie du lieu, s’organiseront en commissions, selon la fréquence qu’ils décideront.

D’ores-et-déjà sont formées 5 commissions qui continueront d’évoluer et se structurer jusqu’à et au-delà de la création de la SCIC. Il s’agit des commissions « Programmation », « Communication », « Administration », « Accueil » et « Régie ».

Les co-gérants se réuniront de manière bimensuelle, dans une « intercom ». Ces réunions seront communiquées à l’ensemble des sociétaires, et un représentant pourra être désigné par chaque commission pour rendre compte des avancées.

L’assemblée des sociétaires se réunira à minima de manière semestrielle. Un ordre du jour sera établi par les co-gérants qui recenseront les demandes des différentes commissions. Chaque résolution devra être approuvée, dans la mesure du possible, par consensus après discussions. Dans le cas de divergences, et en dernier recours, le vote pondéré par collège pourra être appliqué.

« Et nous devons penser, un peu, architecturalement le refuge. »

7. L’Architecture

Les orientations pour la suite du lieu sont :

– d’équiper le lieu d’espaces adaptés aux activités,
– de baisser les coûts de fonctionnement,
– d’effectuer une mise aux normes des locaux,
– d’optimiser la conception pour diminuer le coût des travaux.

Principes

Nous chercherons à engager des travaux économes et localisés, sans toucher à l’enveloppe extérieure du bâtiment. Ainsi nous créerons des espaces qui permettront l’usage du lieu toute l’année, tout en abaissant fortement les frais de chauffage. Ces aménagements seront réversibles dans le temps. Ils valoriseront à la fois la qualité du lieu et le confort d’utilisation.

Nous garderons des espaces modulables, qui pourront s’adapter à la grande diversité des événements que la Parole Errante accueille.

Nous nous entourerons d’une équipe de maîtrise d’œuvre pour nous accompagner dans ce projet, en favorisant une rénovation sobre en équipements et visant l’autonomie énergétique des locaux rénovés, tout en garantissant le respect de la réglementation liée aux Établissements recevant du public (ERP).

La maîtrise d’œuvre assurera une co-conception qui associera les projets et besoins des usagers du lieu aux contraintes règlementaires et économiques.

Nous engagerons des travaux par tranches, en chantier en lierre sèche, ce qui permettra de maintenir le lieu ouvert pendant la durée des travaux.

Nous utiliserons des matériaux naturels, sains, recyclables et facilement mis en œuvre, qui donnent la possibilité d’organiser une partie du second œuvre en chantier participatif et ainsi diminuer fortement les coûts et impliquer les usagers plus fortement dans le lieu.

Différents types de travaux

On peut distinguer plusieurs nécessités et donc plusieurs types et moments de travaux nécessaires.

La première nécessité correspond aux travaux de réparation de l’existant ainsi qu’à la mise en valeur des capacités actuelles du lieu concernant :

– Deux fuites importantes au niveau du toit de la salle du haut nuisent à son utilisation.
– Des ouvertures de type « sortie de secours » permettraient de décupler les capacités d’accueil de la salle du haut.
– Toujours dans la salle du haut, l’installation de velux dans le toit et d’un système de chauffage adéquat amélioreraient les conditions de travail tout au long de l’année.
– Le changement du système de chauffage actuel de la grande salle (aérothermes) pour un autre système plus efficace permettrait de faire des économies.
– Une ouverture entre la cuisine du café-librairie et l’entrée principale permettrait de mettre en place simplement et rapidement les prémices d’une cantine.

D’autres travaux, moins urgents, doivent être envisagé :

– L’isolement de la grande salle, tant énergétique que phonique, permettrait notamment de réduire les coûts de fonctionnement et d’entretenir de meilleures relations avec le voisinage direct.
– La construction d’un espace dédié à la cantine. Deux hypothèses sont envisagées : La construction d’un bâtiment extérieur dans le jardin ou l’amphithéâtre ou bien la construction d’une mezzanine dans la grande salle, qui se prolongerait jusque sur la coursive surplombant l’amphithéâtre extérieur. À cette occasion, les entrées de l’ancienne usine aujourd’hui murées seraient ré-ouvertes et permettraient une circulation entre l’extérieur et l’intérieur.

En fin, on peut imaginer d’autres modifications de l’espace :

– La fabrication, dans la grande salle, d’une « boite dans la boite », pour en multiplier les capacités et les usages. Dans ce cas de figure, on imagine un dispositif amovible pour garder la possibilité d’avoir l’espace d’un seul tenant. Cette hypothèse peut influer sur les travaux d’isolation, si on imagine un espace plus petit et utilisable toute l’année et un espace plus grand qui resterait dans l’état actuel du lieu.
– La séparation de la Salle du haut en deux, là encore pour multiplier les capacités d’accueil du lieu.

8. Budget 2016-2017

Budget analytique – année 1

Budget analytique – années 2 et 3

Le démarrage de l’activité

Bien que la programmation des projets de la Parole Errante Demain pour l’année 2017 s’inscrira dans la continuité de ce qui est en cours, la prise de gestion du lieu par la SCIC à partir de janvier 2017, marquera une coupure brutale en terme de gestion administrative.

Le capital de départ formé par les sociétaires engagés est important en ce sens. Il permettra la création d’un fond de roulement nécessaire au lancement de la gestion du lieu par la coopérative et à la prise en charge de premiers travaux pour le lieu. Avec les coopérateurs déjà engagés, et ceux à venir, nous pouvons miser à ce jour sur un capital de départ de 50 000 euros.

Nous prévoyons une première embauche d’un salarié permanent en CUI-CAE dès janvier 2017, qui permettra de soutenir l’organisation des commissions déjà en place, notamment pour la coordination des plannings, l’accueil, le relais des informations, et les tâches administratives de base. Les autres embauches se feront petit à petit, sur des missions ponctuelles pour commencer. Le budget-type présenté dans ce dossier, avec notamment la présence de 3 salariés à temps plein, devrait être effectif en n+1.

Rappelons tout de même qu’une grande partie de l’activité de la Parole Errante demain n’apparait pas clairement en terme budgétaire, relevant d’une activité bénévole et d’activités assumées par les structures juridiques des usagers, bien que parties prenantes du projet commun. Par la suite, les activités propres à la coopérative pourront prendre plus de place, en fonction de ce que les usagers inscriront dans ce « commun » en écriture constante.

Le juste équilibre entre fonds propres, financements public et financements privés

L’équilibre budgétaire annuel doit être trouvé grâce à un juste équilibre entre fonds propres, financements publics et financements privés.

Les fonds propres de la Parole Errante Demain sont constitués d’une part, des participations aux frais des usagers, en fonction de règles strictes décidées par les sociétaires et s’adaptant aux différentes réalités des usages du lieu, et d’autre part, des recettes de bar et cantine mis en place lors des ouvertures au public, et des temps forts communs organisés par les usagers du lieu.

Le projet de la Parole Errante Demain, comme tout projet de lieu défendant la création artistique et proposant des ouvertures au public gratuites, ou à prix raisonnables, ne peut se passer de financements publics. L’étude datant de 2013, des lieux intermédiaires du réseau Actes If, est en ce sens significatif. Les recettes propres de ces lieux intermédiaires représentent en moyenne 35 % de leur budget.

Notons que le projet de la Parole Errante Demain respecte un équilibre budgétaire du même ordre, bien qu’il ferait partie, dans un tel réseau, d’un des lieux à l’engagement social et artistique les plus forts. Nous solliciterons la Région pour une subvention aux fabriques de culture ou pour la permanence artistique et culturelle (N.B : aujourd’hui, les Pépinières européennes reçoivent une aide en tant que Fabrique, et la Parole Errante une aide pour la PAC), le département de Seine-Saint-Denis, dans le cadre de son soutien aux équipements, la Ville de Montreuil et le Grand Paris. Nous solliciterons chaque année une aide à la résidence à la DRAC-Ile-de-France, ciblant un accueil en résidence en particulier, pour soutenir une jeune équipe ou une équipe dont le projet raisonne particulièrement avec le lieu.

Le projet de la Parole Errante Demain, peut répondre à de nombreuses lignes de mécénats d’entreprise et de fondations, notamment à travers le développement du Centre Social Autogéré, et de son imbrication avec la présence d’équipes artistiques dans le lieu. Les volumes isolés thermiquement seront très performants énergétiquement. Nous prévoyons un usage fortement amélioré pour un coût de fonctionnement fortement diminué.